Propaganda est un groupe qui ne dira pas grand chose à ceux qui ont moins de 30 ans. Il faut dire qu’on a tout fait pour cacher la période New Wave et Synth Pop des années 80… pour mieux la copier aujourd’hui.

Mais si aujourd’hui on passe le titre P-Machinery, Propaganda vous revient en mémoire. Avec une ligne de synthétiseur, ils sont entrés dans l’histoire de la musique des années 80. On n’en dira pas forcément autant de l’album « A Secret Wish » sorti en 1985 et qui comprend ce titre mythique. Il y a pourtant matière à réhabiliter ce groupe allemand créé en 1982 à Düsseldorf. Les membres créateurs, Ralf Dörper, Andreas Thein et Susan Freytag reçurent le renfort de la chanteuse Claudia Brücken mais c’est Dörper qui est le leader et compositeur du groupe avec la participation de Michael Mertens sur quelques compositions. Dans ce style new wave, tout se passait en Angleterre à l’époque et le groupe fut bien inspiré de se faire connaître par un titre emblématique : Dr Mabuse, du nom du célèbre film de Fritz Lang mais créé par le luxembourgeois Norbert Jacques.

Signés par ZTT Records, ils cohabitent avec une autre gloire du genre : Frankie Goes to Hollywood ce qui perturbera un peu leur lancement. Mais avec un titre comme « Duel », dernier de la face A, ils tiennent un hit plus pop que new wave. Mais l’album est lancé par « P:Machinery » …. enfin presque puisque ce titre ne marche pas en Angleterre mais plus à l’export ou dans leur pays d’origine. Paradoxalement, il détonne presque dans un album polymorphe qui empreinte aussi beaucoup au jazz. Mais pas de doute, nous sommes bien dans un groupe allemand, avec cette point d’accent, ou bien encore ces phrases dans « Frozen faces », ce son plutôt froid et électronique qui s’inspire aussi du Krautrock. Oui, le groupe est de Düsseldorf, l’une des mecques du style mais s’en est éloigné pour devenir une créature de son producteur. Il reste pourtant un morceau comme « Dream within a dream » avec ses cuivres, son texte d’Edgar Poe, et ses 9 minutes. Le reste sonne parfois trop anglais mais avec une production plutôt inspirée et des superpositions de sons qu’on retrouve aujourd’hui dans bon nombres de groupes électro-pop branchés, mais qui ont trop honte pour se revendiquer comme héritiers.

Rien que l’intro de « Jewel » vaut le détour. Dans ces 6 minutes de morceau, on a droit à une exploitation de synthétiseurs et boites à rythme pendant la première minute qui laisse place ensuite à un chant qui reprend la thématique de « duel » en plus punk rock. Un son brutal qu’on trouve aussi sur « sorry for laughing » qui aujourd’hui parait daté mais qui ne cache pas le sens mélodique certain sur le refrain. Les critiques de l’époque avaient d’ailleurs loué cet album. Mais si le groupe n’a pas connu le succès ensuite, ce n’est pas vraiment sa faute. Naïfs, ses membres avaient signé un contrat qui les dépouillaient de tout revenu lié à la vente d’album. Claudia Brûcken préfèrera continuer en solo quand les autres membres se lancèrent dans une guerre contre ZTT qui n’aboutit qu’à la disparition du groupe malgré de vaines tentatives de regroupement. Entre rééditions et titres éphémères, l’aventure Propaganda se termine vraisemblablement avec le décès en 2013 d’Andreas Thein.

Reste donc cet album, symbolique de cette époque, et qui inspire encore ceux qui aiment la musique électronique, la pop new-wave et l’electro.

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