Pour un peu, je n’allais pas parler de ce nouvel album d’un de mes artistes fétiches. J’avoue : j’ai eu du mal à « rentrer dedans ». Ca fait tout de même 40 ans que le bonhomme est sur scène, depuis Starshooter jusqu’à maintenant. Donc on peut lui pardonner une baisse d’inspiration ou de forme, parfois.

Et pourtant, j’ai fini par m’y faire. Je crois que le problème vient de l’ordre des titres. Parce que commencé par « Eparpillé », il fallait oser. Ok, ça installe la tonalité, l’histoire qu’il va nous raconter sur lui, sur nous. On retrouve un coté plus bluesy, mais toujours avec des textes qui font mouche, une voix à la présence incontestable. A chaque écoute, j’ai pris plaisir justement à aller cherche les sens cachés des textes. Mais il m’a fallu du temps, une atmosphère plus posée pour le faire. Même si je ne suis pas très fan des arrangements, comme par exemple sur « Un Revenant », j’ai aimé revenir auprès de notre touche à tout (dessinateur, peintre, compositeur, auteur…).

J’aime ses mélodies simples (« L’heure des adieux ») mais j’avoue que ça ne suffit pas toujours (« La grande illusion »). Heureusement, il y a toujours des titres qui sortent du lot. « Chagrin d’honneur » est de ceux là (hasard, c’est le premier single apparemment :p ) et il m’a donc fallu attendre la moitié de l’album pour être emporté. Car les « Oranges bleues », ça le fait avec un coté presque country. Le coté rétro est très présent, avec des lignes de piano qui accrochent (« La dérive des sentiments »). Le soufflé retombe quand même un peu (« Rester amis ») et m’empêche de le classer dans les très bons Kent. Notre poète se laisse aller dans « Si c’était à refaire » qui pars dans un jam déstructuré. Si ça se termine un peu comme ça a commencé, c’est pour laisser l’auditeur dans l’apaisement, celui d’un « coeur en automne ». Et s’il a envie qu’on l’oublie, c’est raté.

Bilan, j’ai repris aussi sec mes autres albums pour reprendre tout ça dans le désordre. Honnêtement, il faudra être réceptif et un peu fan pour accrocher, peut-être. Dans un monde musical où l’on cherche à capter l’attention en quelques secondes, ça fait du bien des albums « à l’ancienne », qui prennent le temps de séduire l’auditeur. Bref, à vous de voir.

 

 

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