silverchairClassés comme surdoués après leurs débuts grunge, les membres de Silverchair furent les portes-drapeau du rock australien dans les années 90, ainsi que du Post Grunge. Un bien lourd fardeau qui finira par les étouffer. Reste leur album à succès, Neon Ballroom.

L’histoire de Silverchair commence lorsque Ben Gillies et Daniel Johns sont encore adolescent à Newcastle (en Australie…). Johns est le leader, guitariste et chanteur et Gillies est à la batterie. Quand ils passent au lycée, ils font la rencontre de Chris Joannou qui les rejoint à la basse. Bien vite, ils se font connaître par des concours nationaux, dès 1994, alors qu’ils n’ont que 15 ans. Ils gagnent ainsi leur premier clip vidéo qui passe sur une antenne nationale, prenant au passage le nom de Silverchair. Et c’est finalement Sony qui les signe pour trois albums. Leur single Tomorrow est réarrangé et retourné et démarre leur carrière internationale. A l’age de 16 ans, les voilà qui défendent leur premier album, Frogstomp, dans la mouvance grunge de l’époque. Ils sont certifiés platine aux USA, ce qui les mets déjà au même niveau qu’INXS, dans l’histoire australienne du rock. C’est avec Nick Launay (producteur de Midnight Oil), qu’ils enregistrent Freak Show en 1996. Le succès ne se dément pas, bien au contraire. C’est ce même Launay qu’on retrouve au commande de Neon Ballroom en 99.

Et pourtant, l’album commence en demi teinte avec un couplet plutôt timide, malgré le renfort de violons sur « Emotion Sickness », et la voix aigue de Daniel. Mais c’est pour mieux monter crescendo à travers ce morceau qui annonce une vague pseudo metal symphonique quelques années plus tard. Le groupe pense surtout au présent, avec son « Anthem for the Year 2000 », année symbolique où l’on nous promettait le chaos. Les accents grunge reviennent cette fois et la voix rauque avec. Effectivement, on a bien un hymne avec quelques accents politiques (antifa notamment), mais une désespérance très 90s (« We are the youth and we are knocking on death’s door »). La douceur revient pourtant avec « Ana’s song », plutôt efficace dans le genre midtempo et qui sera un single très réussi. On fait dans la simplicité dans les arpèges, avec quelques attaques bien péchues. Là encore on sent l’embourgeoisement progressif de la vague grunge vers un coté power pop-rock.  « Spawn Again » est presque fusion avec son refrain crié. Pour le coup, ça rappelle plutôt du Rage Against The Machine de quelques années antérieures.

Comme souvent, le milieu de l’album est marqué par l’ennui avec une balade évitable, « Miss you love », ou un titre grunge plutôt brouillon, « Dearest Helpless », ou peu trop Nirvanesque. « Do you feel the same » ne sort pas plus du lot. Finalement « Black Tangled Heart » finit d’achever ce ventre mou de l’album. Car « Point of View » revient à un peu plus d’ambition, même si on est encore dans un titre power-pop. Silverchair veut quitter clairement son grunge d’origine pour des draps de satin….avec « Satin Sheets ». Le titre est cette fois plus dans une énergie punk, ce qui finalement reste apparenté au grunge dans ses thèmes. On se dit à ce moment que s’il n’y avait pas eu les titres du milieu, on ne trouverait pas cela un peu long. « Paint Pastel Princess » est en effet plutôt intéressant dans sa construction et sa production mélant un son très rock à des violons. Mais comme on termine sur « Steam will rise » et sa batterie bien martelée, ça reste juste comme il faut.

Au final, il reste encore une vague impression d’imitation de Nirvana, alors que le groupe propose bien d’autres choses. L’album se veut plutôt la charnière entre deux époques, celle du grunge des 90s et celle du power rock des années 2000. Il faudra attendre 2002 pour un nouvel album, Diorama, coproduit par Johns avec David Bottrill qu’on retrouvait avec Muse ou Tool auparavant. Si l’album marche bien en Australie, c’est un échec à l’international. Et le groupe de retomber, chez nous, dans l’anonymat. Après la tournée, le groupe annonce un « Hiatus » qui se poursuivra jusqu’en 2007, chacun voguant de projets solo en participations. Johns a écrit des chansons pour un hypothétique album solo, qui finalement sera un album de Silverchair sous le nom Young Modern. Un album a été mis ensuite en chantier en 2009…. suivi d’un novueau Hiatus, qui dure finalement jusqu’à aujourd’hui en 2016. Verra-t-on une nouvelle résurrection un jour ?

Iceman

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