Shania_Twain_-_Come_on_Over_Alternate_CoverComment une canadienne a-t-elle remis au goût du jour la Country ? Voilà ce qui se cache derrière l’album « Come On Over » sorti en 1997, faisant d’elle une des artistes phares de la fin des années 90.

Lorsque naît Eilleen Regina Edwards à Windsor dans l’Ontario en 1965, les fées ne semblent pas se pencher sur son berceau : Sa mère divorce lorsqu’elle a 2 ans et l’élève seule avec ses soeurs, avant un remariage et un déménagement. Une enfance difficile marquée par la violence et la pauvreté et où la musique devient son refuge. Eilleen commence par chanter dans des bars très jeune, à s’accompagner à la guitare et commence à écrire des chansons dans son adolescence. Elle intègre le groupe « Flirt » de Diane Chase à sa majorité qui la fait tourner au Canada. Repèrée par un DJ de Toronto, Stan Campbell, elle part enregistrer à Nashville. Elle fait la rencontre d’une certaine Mary Bailey, qui avait eu quelques succès dans les 70s, et qui la prend sous son aile. Avec elle, elle apprend la musique, fait quelques démos, avant de revenir au Canada, toujours accompagnée de Bailey. Mais malgré cet environnement country, le voeu de Eilleen est d’être une star de la pop ou du rock. Mais en 1987, ses parents meurent dans un accident de voiture. Elle revient s’occuper de sa famille en se produisant dans un Resort. Il lui faut attendre que ses frères et soeurs soient autonomes pour s’occuper à nouveau de musique. Une démo capte l’attention de Mercury Nashville Records, et Eilleen.devient Shania. Son premier album sort en 1993 et se classe modestement dans les charts country, mais capte l’attention en Europe. Mais il intéresse surtout un certain Robert John « Mutt » Lange qui offre ses services pour le second album, auréolé de ses productions pour Def Leppard, Bryan Adams, ou Foreigner.

L’alliance de ces deux talents révolutionne déjà la country…et va bien plus loin que l’artistique puisqu’il se marient en décembre 93. Elle devient la nouvelle reine de la country mais peine encore à percer internationalement. Sa seconde collaboration avec Lange sera « Come on Over », un album qui dépasse les frontières de la country encore plus largement. Il faut dire que démarrer « Man, I feel like a woman » est une sacrée introduction, doublée d’un clip à l’avenant. C’est à la fois catchy comme de la pop, dansant comme de la country et avec une personnalité rock. « I’m holdin on to love » est plus classique, bien qu’on peut l’apparenter au rock sudiste de gens comme Tom Petty. Et c’est encore ce mélange rock country qui fait mouche dans « Love gets me every time » où l’on a envie de frapper de la santiag. Si les singles de l’album sont plus pop, on a une majorité de titres country pur jus comme le très bon « don’t be stupid ». Mais il faut bien une bonne balade comme « from this moment on » en duo avec Bryan White. Mais on la sent finalement plus à l’aise dans un mélange country pop, comme « Come on over » qui a la particularité d’inclure de l’accordéon. Il est presque dommage d’avoir un « When » trop banal en plein milieu de l’album. « Whatever You Do! Don’t! »  n’a pas eu droit au single mais reste un bon titre country pop. On a un coté plus blues sur « If You Wanna Touch Her, Ask! » qui reste sur le coté « girl power » entrevue dans le début de l’album.

Avec déjà 9 titre, elle aurait pu s’arrêter là mais elle nous sort une magnifique balade avec « you’re still the one » où l’on sent la pate Lange, tant on imagine même Def Leppard dessus. On a encore cette impression sur quelques arrangements du très country « Honey I’m Home ». La voix de Twain est plus dans les graves que d’ordinaire, s’accordant parfaitement au son du dobro et des violons, entrecoupés par un solo de guitare électrique. Et que dire du single imparable « That don’t impress me much » ! Il illustre encore le style trouvé par le duo : un son country, des refrains pop, des arrangements rock. Pas de doute, Shania Twain est ready to « Rock this country ». Et on ne peut que craquer sur sa voix dans « You’ve got a way ».  Globalement, le son s’inscrit bien dans son époque mais ce mélange des genres rend l’album intemporel, autant que des classiques de la country. Aujourd’hui encore, on entend les deux principaux singles de l’album sans que cela fasse décalé. Et sans elle, la country n’aurait peut-être pas connu le renouveau qu’n lui connaît aujourd’hui avec des Carrie Underwood ou Taylor Swift.

Shania Twain devient une star internationale et tourne beaucoup. Elle prend une pause bien méritée de 2 ans, et a son premier enfant. Ce n’est qu’en 2002 qu’elle reprend les chemins des studios pour « Up! ». L’album confirme son succès et la maintient en tête des charts partout dans le monde. On comprend moins la sortie d’un Best of en 2005, sinon pour repousser un peu un nouvel album, sans cesse repoussé. Elle préfère céder aux sirènes de Las Vegas en 2011. Depuis on attend encore l’album, malgré quelques singles depuis ces 14 années. Il faut dire qu’en 2008, elle se sépare de Lange qui l’a trompé avec sa meilleure amie. Est-ce à dire qu’il fallait réunir ces deux éléments pour un succès? On le saura enfin si cette arlésienne sort un jour.

Iceman

Advertisements