fallujahAmis du contraste, bonjour! Après un impressionnant The Flesh Prevails, il y a deux ans, Fallujah revient avec son death-metal atmosphérique, concrétisé sous la forme d’une nouvelle galette au visuel somptueux (signé Peter Mohrbacher) – pour dire, c’est mon fond d’écran au bureau, ce qui me vaut quelques regards bizarres de mes collègues pasteurs – intitulée Dreamless.

« Contraste », parce que Fallujah n’est pas du genre à donner dans le compromis et la demi-mesure. C’est même plutôt la démesure pleine et entière qui est la norme avec ce groupe, qui assemble un death-metal mélodique et progressif avec des vocaux extrêmement brutaux.

Dreamless, c’est douze pistes et cinquante-cinq minutes d’intensité spectaculaire et de frappes à grande échelle. Les pistes durent entre trois et six minutes, mais il y a de la densité à revendre.

On y trouve aussi bien des plages planantes et magnifiques, comme « Face of Death », qui ouvre l’album, ou le morceau-titre, que des bouillonnements magmatiques sur fond d’instrumentations ultra-techniques (« Scar Queen »).

Il y a même des passages qui flirtent de très près avec l’électro pur jus, comme le diptyque « Wind for Wings »/ « Les Silences ». Et même le mélange prog-growl peut arriver à des constructions épiques, surtout quand il se complémente du chant féminin clair – éthéré même – de Tori Letzler (« The Void Alone » ou « Lacuna »).

Comme sur leur précédent album, The Flesh Prevails, on retrouve également une tendance à en faire trop dans le style « progressif qui donne des crampes »: le groupe va si loin dans le technique et les changements de rythme qu’on finit par perdre le fil de la composition, notamment sur « Adrenaline ». Trop de complexité tue la complexité.

Dense, intense, complexe et non dépourvu d’une certaine beauté, Dreamless est un album qui est cependant difficile à appréhender. Si on n’a pas une certaine pratique du death mélodique et de ses multiples avatars, on est rapidement submergé par le déferlement musical qui est la norme.

Il faudrait orner Dreamless de l’étiquette « Pour publics avertis », mais pas tant pour des contenus choquants. C’est plus qu’il vaut mieux avoir un peu d’expérience dans le domaine du metal extrême pour pleinement apprécier l’album. Si vous êtes dans ce cas, je vous recommande de vous y intéresser.

Mais ne venez pas pleurer si vous vous êtes pris un gros éclat de growl dans le tympan ou une entorse de neurone suite à un enchaînement de rythme acrobatique!

Alias

(Article précédemment paru sur Blog à part, publié sous licence Creative Commons)

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