radioheandbendsRadiohead et Thom Yorke ont su, en quelques albums, entrer dans le panthéon du rock anglais. Pour sûr, The Bends y a contribué.

Mais revenons sur l’histoire de ce groupe d’Abingdon (cherchez sur la carte…). Le groupe a commencé à l’école en 1985, avec un certain Thom Yorke à la guitare qui monte un groupe avec son camarade bassiste Colin Greenwood. Ils accueillent leurs ainés Ed O’Brien et Phil Selway, respectivement à la guitare et la batterie, tandis que le petit frère de Colin, Johny , complète le groupe qui s’appelle alors « On A Friday ». Malgré les études et boulots de chacun, le groupe parvient à continuer ses répétitions. En 1991, c’est la première consécration avec la signature chez EMI….qui fait changer le nom du groupe en « Radiohead » (inspiré du titre des Talking Heads). Le groupe se fait connaître par le single « Creep », sorti d’abord après un EP décevant, puis suivi du premier album « Pablo Honey ». On les compare au Grunge venu des USA, surtout par les thèmes des chansons. Et paradoxalement, Creep sera d’abord un échec en 92, avant une nouvelle sortie en 93 qui mettra le groupe en lumière, notamment aux USA. La pression est telle que le groupe a failli exploser. Pourtant, en 94, ils rentrent en studio pour un second album. Ils embauchent un certain John Leckie, vétéran anglais qui lança les Stone Roses, après avoir fait ses armes à Abbey Road, et produit des albums des Simple Minds. On le retrouvera aussi à l’origine des groupes Kuka Shaker et The Verve dans ces années 90.

En 1995, nous sommes dans la période Oasis, mais aussi les Smashing Pumpkins, alors qu’au Canada, un phénomène du nom d’Alanis Morissette glane les récompenses. Kurt Cobain vient de mourir l’année précédente et le Grunge commence déjà à passer de mode. Ce nouvel album s’appelera « The Bends ».

 Dès le premier titre « Planet Telex », le ton est donné : Le son sera différent du pseudo grunge, tout en restant Rock. Thom Yorke use de ses aigus, de sa souffrance dans des effets électroniques plus planants. On y perçoit les prémices des futurs albums du groupe. Pourtant l’intro de « The Bends » est tout ce qu’il y a Britrock, même très pop, au point de sonner parfois comme le groupe concurrent des frangins de Manchester. Mais le premier hit de l’album reste « High and Dry », là encore très pop folk. Avec le temps, le titre est devenu plus banal malgré la réussite du refrain. Pas étonnant que Yorke le renie. Mais Yorke est un grand mélodiste, et le prouve avec « Fake Plastic Trees » dans une atmosphère plutôt désenchantée. Tout paraît facile dans cette chanson et c’est ce qui en fait toute la beauté. « Bones » rappelle curieusement des titres des américains de REM, notamment dans l’album Monster sorti quasiment à la même époque. On y retrouve sans doute un peu plus du coté grunge des années précédentes tout en gardant les qualités mélodiques. Ces mêmes qualités qui enchantent sur « (Nice Dream) ».  Mais retour au Rock, aux riffs avec « Just », un vrai morceaux de guitaristes au son très distordu. On y retrouve encore ce son caractéristique du groupe avec les envolées vocales d’un Yorke décidément très inspiré. Dans cette modernité, « My Iron Lung » détonne par une intro plutôt rétro sans renier totalement les origines grunge et rock, qui arrivent en milieu de morceau lors d’un break sauvage. Les trouvailles de production sont assez nombreuses dans cet album, et on le ressent dans les arrangements de « Bullet proof… I wish I was », balade planante. « Black Star » parait là encore d’une évidence avec un Yorke sur le fil du rasoir avec un refrain qui emporte tout. On oubliera éventuellement « Sulk », malgré encore un refrain de très bonne tenue. Car l’album se termine par un nouveau petit chef d’oeuvre, « Street Spirit », dont la simplicité est encore édifiante. Comment mieux terminer un album, par ce crescendo…

The Bends est typiquement l’album dont on ne trouve quasiment aucune véritable faiblesse, qui reste homogène et indémodable. L’auditeur n’a qu’une seule envie : Rappuyer sur ‘PLAY’ et laisser l’album s’écouler à nouveau, sans fin. Cela ne suffira pourtant pas à l’époque à en faire un grand succès public, même si les critiques sont bonnes.

Il faudra attendre OK Computer en 1997 pour que le groupe atteigne les sommets des charts après des tournées à n’en plus finir. Plus électronique encore, tout en restant rock et sophistiqué, l’album installe Radiohead dans le paysage rock mondial. l’album suivant « Kid A » montre encore une évolution du son, cette fois plus minimaliste avec encore des expérimentations. Ce mélange entre rock et musique électronique est bien dans l’air du temps et poursuit son métissage au cours des albums suivant de ce début du 21ème siècle. En 2004, le groupe est pourtant épuisé par ces enchainements d’albums et de tournée.

En fin de contrat avec EMI, ils décident de continuer seuls, vendant leur album à prix libre »In Rainbows » sur leur site, même gratuitement. En 2007, l’album sortira quand même de manière plus classique. La musique de Radiohead devient de plus en plus expérimental, sous l’impulsion du producteur Nigel Godrich. En 2012, un accident mortel intervient pendant la tournée du groupe ce qui semble marquer le groupe. Yorke et Goodrich continuent d’expérimenter de leur coté et le groupe se fait plus rare ensemble. Pourtant un nouvel album est prévu… Avec encore une évolution, à n’en pas douter.

Iceman

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