zaziezenAvant d’être jury dans The Voice, Zazie a gravi un à un les échelons jusqu’à être un personnage incontournable de la musique française.

Pourtant, en s’appelant Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes, ce n’était pas forcément gagné. Fille d’une prof de musique, multi-instrumentiste (violon, guitare et piano), c’est pourtant par le mannequinat qu’elle commença, bien aidée par son physique. Mais au sortir de cette honorable carrière, elle revient très vite à sa passion, la musique. Rapidement signée chez Phonogram en 1990, elle sort un premier album qu’on oublie souvent, « Je, Tu, Ils ». Si le single « sucré, salé » marche bien, l’album manque encore de cohérence et n’a pas encore de style personnel. Elle fait tout de même la rencontre d’un certain Pascal Obispo avec qui elle compose « Un, deux, trois soleil ». C’est peut être ce qui lui permet d’obtenir une victoire de la musique de la révélation, l’année suivante.

Mais le style Zazie s’installe véritablement dans son second album, sobrement intitulé « Zen ». C’est par ses textes, habiles, amusant et utilisant souvent l’homophonie, qu’elle se distingue. Elle ajoute à cela une voix légère mais reconnaissable, et avec Vincent-Marie Bouvot, a trouvé un producteur capable de donner un style plus homogène. On retrouve des thèmes déjà entrevus dans le premier album, comme l’amour, une tendance plutôt féministe ou de femme forte. La tonalité est plus « rock » tout en restant dans une pop plutôt sophistiquée. Un titre comme « Craque monsieur » en est un exemple. Mais on pense évidemment à « Larsen », le premier single qui représente bien l’album. Avec de légers riffs de guitare électrique sur une mélodie très pop et un texte poétique sur une relation amoureuse, elle fait mouche. Avec « Zen », deuxième single à succès, elle continue sur la même veine, usant paradoxalement de l’effet…larsen en intro. La rythmique de guitare est plus appuyée, là encore flirtant avec le rock sur une mélodie accrocheuse à souhait. Sa voix est ici plus grave que d’ordinaire, contrairement à « Un point c’est toi », où elle utilise ses aigus avec ce léger voile caractéristique. Mais elle montre aussi tout son talent de mélodiste avec le très doux « homme sweet homme ».  Curieusement, « J’envoie valser » ne sera d’abord pas un single mais aura droit à une jolie carrière grâce à quelques reprises d’autres artistes (comme Olivia Ruiz…), pour en faire un classique de Zazie. Et c’est à Phil Baron (son frère) que l’on doit la musique, cette fois. Un titre comme « Hissée haut » montre la qualité de sa voix, certes peu puissante mais agile et légère sur les aigus.

Le succès est au rendez-vous et se confirme avec tour à tour « Made in love » en 1998 puis « La zizanie » en 2001. Le très bon « Rodéo » poursuit l’aventure musicale avec le public français en 2004. Elle conserve ce rythme d’un album tous les 3 ans, comme un métronome. Malgré tout, les ventes baissent, plutôt parce que Zazie tente des expérimentations plus osées et conceptuelles que par une baisse de qualité des compositions. Mais elle reste toujours parmi les artistes qui comptent en France.  Elle compose aussi beaucoup pour d’autres, comme Christophe Willem par exemple. Son style a peu à peu intégré des sons plus électroniques tout en restant dans la droite ligné mélodique et textuelle de ce zen. Après « Cyclo » en 2013, on s’attend donc à un album fin 2015 début 2016.

Iceman

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