Michael-Jackson-Xscape-both-coversPour un vieux fan du King of pop, un album d’inédits est à prendre avec des pincettes. Il n’aura jamais la cohérence d’un album studio conçu à une même époque et il ne sera pas exempt de remplissage. Mais parfois les plus grands ont raté des joyaux, laissés en fond de catalogue…

Le premier album d’inédits, Michael, sorti en 2010, n’a pas laissé un bon souvenir. Cela donnait l’impression de se faire de l’argent en sortant des fonds de tiroir mal produits. Cette fois, on nous promet mieux…. ave L.A. Reid et Timbaland aux commandes. Ce dernier avait commis de bonnes choses avec Missy Elliot notamment, et a permis l’émergence musicale de Justin Timberlake. Mais est-ce que sa patte pop RnB allait coller avec les titres de Michael ?

La réponse semble d’entrée Oui avec un « Love never felt so good » qui aurait pu figurer sur Off The Wall. Du Rythm’n Blues groovy à souhait de l’époque, mais sans ce petit plus qui puisse en faire un bon single pour cette collaboration avec Paul Anka. « Chicago » nous fait sauter plusieurs étapes de sa carrière …assez oubliables, malgré la succession de producteurs. « Loving You » sonne plus comme du Jackson entre Thriller et Bad. Un honnête titre qu’une surproduction de Timbaland tente de remettre au gout du jour, sans que le titre en ait besoin. Il est bien plus intéressant d’entendre de la modernité sur « A Place With No Name », un titre qui sonne très Bad avec cette fois un bon refrain. Mais la production du couplet fait trop penser à « Leave me Alone » dans cette version (et à « A Horse with No Name » d’America pour la version originale)

« Slave to the Rythm » nous rappelle la période égyptienne du chanteur, soit « Remember the Time ». Mais cette fois c’est toute l’équipe L.A. Reid qui s’est attelée à la tache et c’est vraiment réussi. « Do you know where your children are » n’a-t-il pas été oublié à cause de son titre à double tranchant ? La ligne de synthé était-elle de bon ton ? Le titre sonne bancale ainsi produit alors qu’il date encore comme à l’époque prolifique de Bad jusqu’à Dangerous, avant que Jackson ne fasse trop confiance à d’autres auteurs que lui même. Au contraire, « Blue Gangsta » paraît plus coller à Invicible et s’en sort plutôt bien. C’est justement aussi cette période  » New Jack qu’avait apporté Teddy Riley.

La version deluxe ne comportant que d’autres interprétations de ces titres, elle n’est pas indispensable, même si ces versions originales confirment de douloureux choix de production. Nous n’avons donc que 8 titres pour cet album et sans qu’il y ait de hits, il y a tout de même des bonnes surprises. Evidemment, cela couvre la période Quincy Jones comme l’après Quincy et il est sans doute dommage que le vieux jazzman n’ait pas eu son mot à dire. On a laissé un peu trop de liberté à Timbaland qui a la main lourde sur les beats. Mais au moins, cette fois, on prend un réel plaisir à réécouter celui qui restera toujours un enfant de la musique, sans avoir l’impression d’avoir financer la retraite de la famille Jackson.

Iceman

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