marleyexodusQuand on pense au Reggae, on pense immédiatement à Bob Marley. Mais quand il s’agit de trouver un album représentatif, c’est beaucoup moins facile entre les albums studios et les nombreuses compilations posthumes. Pourquoi pas Exodus ?

Bob Marley naît à la Jamaique en 1945. Il est élevé par sa mère, noire, son père blanc ayant été « forcé » de le rejeter. Il s’installe à Kingston dans le ghetto de Trenchtown à l’adolescence et fait la connaissance de Bunny Wailer et Peter Tosh. Avec eux, il apprend à chanter et enregistre de premières reprises façon Ska. Après un passage aux Etats-Unis où a émigré sa mère, il revient à la Jamaïque pour enregistrer un album avec ses compères des Wailing Wailers dans le style rocksteady. Parallèlement, Bob s’intéresse au mouvement Rastafari, mouvement religieux et philosophique considérant que Hailé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne.

Ils rencontrent le chanteur américain Bob Nash pour qui ils composent toujours dans le style Rocksteady. Mais la sauce ne prend pas et en 69, Bob repart aux Etats-Unis un temps. A son retour en Jamaique avec un nouveau label autofinancé, ils n’arrivent toujours pas à percer. Mais ses retrouvailles avec Lee Scratch Perry, qui a obtenu du succès en Angleterre, vont lui donner des idées. celui ci les produira également mais les albums sortent sans succès jusqu’en 1971 avec Trench Town Rock . Bob rejoint Nash en Suède pour l’enregistrement d’une musique de film puis à Londres où il parvient à être signé chez CBS. Nash trouve le succès mais pas Bob Marley qui ne s’entend pas avec les musiciens locaux. Le producteur jamaïcain installé à Londres, Chris Blackwell croit pourtant en lui et finance un enregistrement à Kingston. Le groupe s’appelle maintenant The Wailers. Les deux premiers albums sont remixés à Londres. Mais suite à une première tournée anglaise, Bunny Wailer puis Peter Tosh quittent le groupe, laissant Bob Marley avec d’autres musiciens et des cœurs feminins qui conservent le nom de Wailers. En 1975, le premier album live sort et No Woman No Cry remporte un succès international.

Bob Marley échappe à une fusillade lors d’un concert en Jamaïque. Ne se sentant plus en sécurité, il part en Angleterre pour enregistrer en 1977 l’album Exodus.

Il y a évidemment plusieurs niveaux d’écoute sur ce type de disque. La dimension politique voire mystique est indéniable. Le thème de l’exode, du retour en Afrique est au coeur des titres de cet opus. Musicalement, les, influences sont plus larges, avec des emprunts aux sons en vogue à Londres à l’époque. On retrouve évidemment le rythme typique du reggae mais pas seulement. Ainsi The Heathen est emprunt d’un petit coté soul. On retrouve également un peu de funk dans le célèbre Exodus. Si l’album a une tonalité plutôt « sérieuse » par son thème, on ressent plus de légèreté dans Jamming. Waiting in vain se révèle aussi très emblématique de l’album par son rythme lancinant, ses paroles rappelant une prière. Les titres ne sont pas avares de bons sentiments et d’espoirs qui en font justement un album toujours d’actualité. Certains trouveront cela utopique mais c’est cette part de rêve que Bob Marley voulait aussi transmettre à son public. Et comment mieux terminer un album qu’en parlant d’amour avec One love.

Mais cette année 1977 sera aussi celle de la détection d’un melanome. L’opération qui aurait pu être salutaire n’a pas lieu. Pris dans l’engrenage du succès, Bob Marley préfère donner des concerts et continuer à enregistrer plutôt que de se faire soigner. En 1980, de nouveaux examens détectent des tumeurs. Il est trop tard pour un traitement efficace et trop faible pour revenir à temps en Jamaïque, Bob Marley décède en 1981 à Miami. Il laisse en héritage de nombreux enregistrements que ses femmes et enfants auront à coeur de diffuser ensuite. Mais il reste surtout symbolique d’une musique qui aura su conquérir le monde, contre toute attente, par son message plus universel qu’il paraît.

Iceman

Membres : Bob Marley, Aston Barrett, Carlton Barrett, Tyrone Downie, Alvin Patterson, Junior Marvin

1. Natural Mystic 2. So Much Things To Say 3. Guiltiness 4. The Heathen 5. Exodus 6. Jammin’ 7. Waiting In Vain 8. Turn Your Lights Down Low 9. Three Little Birds 10. One Love / People Get Ready

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